Morgeline

Stellaria media
Caryophyllacées (Caryophyllaceae)


(tous les crédits et droits de la source Wikipedia s'appliquent)

La Stellaire intermédiaire, mouron blanc ou Morgeline (Stellaria media L.) est une espèce de plantes annuelles, bisannuelle ou vivace de la famille des Caryophyllaceae. C'est une herbacée commune en Europe et dans une grande partie de l'hémisphère nord. Elle peut faire office de plante bioindicatrice car sa présence est la signature d'un sol équilibré et fertile.

Phytonymie et appellations

Le nom du genre vient du latin Stella, l'étoile. Il fait référence aux cinq pétales échancrés qui donnent à la corolle l'aspect d'une étoile à dix rayons. L'épithète du nom botanique media, « milieu », fait référence à la ligne de poils qui court alternativement d'un côté puis de l'autre de chaque entrenœud de la tige ronde, cette caractéristique permettant de la distinguer de plantes toxiques qui affectionnent les mêmes milieux, comme le Mouron rouge.

Elle est parfois appelée Mouron blanc ou Mouron des oiseaux. Ce nom vernaculaire vient des graines de la plante, très appréciées par les oiseaux. Celui de Morgeline est une syncope du latin Morsus gallinæ (« morsure des poules »), la volaille des cours de ferme étant avide de cette plante.

Pseudo-synonymie

D'autres plantes sont appelées Mouron dont le Mouron rouge (Anagallis arvensis), qui ressemble au Mouron des oiseaux par l'aspect des feuilles et le port de la plante. Voir l'article Mouron.

Description

Appareil végétatif

Cette plante annuelle, bisannuelle ou vivace de 5 à 40 cm de hauteur est très commune, couvrant souvent le sol d'un épais tapis vert. L'appareil souterrain, formé de racines grêles, lui permet de résister au gel. La tige grêle et cylindrique est d'abord étalée (la multiplication végétative se réalisant au niveau des nœuds qui s'enracinent) puis dressée. La tige prostrée se multipliant par bouturage naturel a la capacité de coloniser l'espace à courte distance par reproduction asexuée ou clonale. Ce développement latéral est une stratégie de croissance clonale permettant une certaine mobilité végétative. Si on pince la tige et qu'on tire, on découvre, comme chez la Stellaire graminée, un axe très élastique à l'intérieur. Les petites feuilles (5 à 30 mm de long), entières, pétiolées, opposées, d'un beau vert tendre, sont soit sessiles et lancéolées-linéaires, soit à pétiole cilié et limbe ovale, aigu au sommet, mais alors à nervation pennée bien visible uniquement sur la face supérieure de la feuille adulte.

En conditions naturelles, sa période de végétation la plus active s'étend de février-mars à novembre, et en condition clémentes elle maintient toute l'année des populations hétérogènes représentées par différentes classes d'âge. En zone tempérée, elle fleurit toute l'année, continue à croître à 2 °C (quand la plupart des plantes sont en dormance), se marcotte spontanément et produit jusqu'à 6 générations par an (espèce polycarpique). L'allélopathie est en outre une composante de la nuisibilité de cette adventice dans certains contextes agricoles où elle se montre très compétitrice (quand elle est en situation de pionnière, sur sol riche et qu'elle dispose d'une quantité suffisante de lumière) ; elle produit des substances phénoliques solubles dans le sol interférant avec les jeunes pousses de blé (Triticum aestivum). Cette plante comestible a néanmoins longtemps été cultivée et commercialisée.

Appareil reproducteur

La floraison se répartie sur presque toute l'année. L'inflorescence est une cyme bipare qui porte des fleurs de 4 à 6 mm, composées de 5 pétales bifides, blancs, de même longueur que les sépales. L'espèce, hermaphrodite, a un androcée composé de 3 à 8 étamines à anthères rose-rougeâtre, puis brunes. La protandrie favorise une pollinisation entomogame. Le fruit est une capsule ovale dépassant du calice, contenant de nombreuses graines aplaties, brun-rouge ou noires. La dissémination des graines est barochore.

La plante pratique la nyctinastie : la fleur s'ouvre le matin et se ferme complètement le soir ; elle fait de même par temps humide ou très nuageux. La nyctinastie a un impact positif sur la croissance, mais peut, par le processus d'exaptation, jouer un rôle de défense contre les herbivores la nuit, sachant que les principaux consommateurs de ces fleurs, les limaces et les chevreuils, sont surtout actifs de nuit.

Habitat et répartition

  • Habitat type : cette annuelles commensales des cultures et de l'Homme s'épanouit sur les talus, bords de chemins, potagers, dans les champs, dans certains gazons ou prairies... Elle fleurit tant que la température ne descend pas sous 2 °C, se développe sur divers types de sols et son optimum de température est 22 °C.
  • Aire de répartition : Originaire de l'Eurasie (trouvée jusqu'à 4300 m dans l'Himalaya), elle a été introduite en Amérique du nord il y a quelques siècles(par exemple trouvée en 1672 et est devenue cosmopoliteDonnées d'après : Julve, Ph., 1998 ff. - Baseflor. Index botanique, écologique et chorologique de la flore de France. Version : 23 avril 2004. ;

Utilisations

Usages alimentaires

Comme la Stellaire holostée, les jeunes pousses , feuilles et fleurs sont comestibles crues (léger goût de noisette) ou cuites (goût d'épinard).

Cette espèce ubiquiste et très commune, rencontrée en toute saison était autrefois cultivée, et il existait jusqu'au début du XXe siècle en France une corporation des marchands de mouron blanc .

C'est l'une des meilleures salades sauvages : douce, non amère et renfermant calcium, silice, magnésium, vitamine C. Au Japon, elle fait partie de la traditionnelle salade en début d'année : la salade aux 7 herbes (voir la fête du Nanakusa-no-sekku). Elle est aussi consommée en soupe (par exemple hachée et mixée avec eau, huile d’olive, ail et pommes de terre), intégrée dans les pâtes à crêpe ou des smoothies et des farces de ravioli. Les tiges deviennent plus filandreuses avec l'âge.

On peut aussi consommer ses minuscules graines .

Comme les pissenlits ou d'autres composées, elle peut causer des irritations chez certains allergiques. Elle est diurétique (et laxative si consommée en grande quantité) ; légèrement toxique en raison de sa concentration en saponines . Cette toxicité persiste en partie après dessiccation. Cette plante n'est pas appétente pour de nombreux animaux et consommée par d'autre (les oiseaux apprécient notamment ses graines). En contexte d'agriculture intensive (apports d'engrais, ensilage) cette plante nitrophiles accumule des nitrates (à des taux dangereux pour le bétail selon A. Case en 1957 mais cette conclusion a été contredite par des études postérieures).

En période de disette ou de famine, elle constituait dans les campagnes un aliment de complément pour faire face aux difficultés et aux menaces de disettes (d'où l'expression « se faire du mouron »), mais consommée en trop grande quantité, elle provoquait des diarrhées.

Cette plante ne doit pas être consommée si elle a poussé sur des sols pollués, car elle est présente une certaine tolérance à certains métaux toxique qu'elle peut alors bioaccumuler ; elle remplit presque les critères de d'hyperaccumulateur de cadmium par exemple ; cadmium qui est notamment un contaminant de certains engrais et lisiers. Ce fait permettrait de l'utiliser en bioremédiation, même en hiver pour décontaminer certains sols. Sa taille, sa biomasse et sa croissance sont réduites quand la pollution augmente, mais sans autres marque visible de stress ; récemment, des chercheurs ont réussi à extraire via les pousses de mouron blanc jusqu'à 87,42 μg (max) par plant pour un sol contenant 100 mg de cadmium par kg.

Usages médicinaux

Les pharmacopées traditionnelle asiatique et indoeuropéenne notamment, (tout comme à la Stellaire holostée) lui ont attribué de nombreuses propriétés :

  • toniques ;
  • diurétiques ;
  • expectorantes (en infusion), anxiolytiques et anti-asthmatiques ;
  • légèrement laxative ;
  • anti-inflammatoires utilisées sous forme de pâte de feuilles contre les inflammations des voies digestives, rénales, respiratoires et reproductives, contre les hémorroïdes, l'inflammation de l'oeil et divers types de démangeaisons cutanées, et contre l'eczema ;
  • contre les enflure, fractures,, en application externe (emplâtres, pâte de feuilles...), contre les brûlures, certaines blessures, piqûres d'insectes, certaines affections articulaires (et en décoction contre les douleurs articulaires) ;
  • contre certaines maladies nerveuses ;
  • contre certains maladies du sang.

Les graines réduites en poudre, mélangés à du lait soignent les infections cutanées et les allergies.

Chez les indiens d'Amérique du Nord, la pâte de feuilles apaisait la toux, le rhume et le mal de gorge et selon FK Fitzpatrick en 1954, la plante améliore l'immunité contre certains pathogènes respiratoires (Mycobacterium tuberculosis).

S. media contient des acides phénoliques et des flavonoïdes, des C-glycosyl flavones, des saponines triterpénoïdes, un pentasaccharide, des lipides et des constituants aqueux. Une grande partie de ces composés chimiques sont retrouvés dans d'autres plantes du même genre (120 espèces environ, dont plusieurs ont des usages phytopharmaceutiques reconnus).

Une étude récente (2012) sur le modèle animal (souris) confirme des vertus anxiolytiques en particulier sous forme d'extrait par le méthanol ; comparable à l'effet du diazépam pour une dose de 100 mg/kg même si le mécanisme n'est pas encore compris. Les auteurs montrent que cet extrait contient des flavonoïdes, des triterpénoïdes, des protéines, des tanins, de glucides et lipides.

Un extrait de cette plante contenant des flavones glycosylées a un effet hypolipémiant, d'où l'hypothèse que ces composés pourraient servir d'agent amaigrissant .
Ils ont également des propriété antivirales et antitumorales .

Selon une étude russe (2013), chez le rat de laboratoire, la fraction des polysaccharides hydrosolubles (à 100 mg/kg) s'est montré protectrice du foie de rats atteints d'hépatite induite par le CCl4.

Dans les années 2010, son potentiel photochimique et phytopharmaceutique, et celui de ses proches parentes fait encore l'objet de recherches

Alimentation animale

Les parties aériennes de S. neglecta ont été utilisées en élevage pour les volailles et le bétail, (jugées «rafraîchissantes» pour le bétail en Italie du Sud).

Plante-hôte

La chenille du lépidoptère appelé Brocatelle d'or (Camptogramma bilineata) se nourrit notamment de Mouron des oiseaux.

Résistance aux pesticides

Elle fait partie des plantes dont certains biotypes ont développé des résistances croisées à certaines désherbants (chlorsulfuron, triazolopyrimidine), Mécoprop, Oxyfluorfen sulfonylurées

Références

Voir aussi

Articles connexes

  • Glossaire de botanique
  • Liste des plantes à feuilles comestibles

Liens externes

  • (fr) Référence Belles fleurs de France : Stellaria media
  • (en) Référence Flora of North America : Stellaria media
  • (en) Référence Flora of China : Stellaria media
  • (en) Référence Flora of Missouri : Stellaria media
  • (fr) Référence Catalogue of Life : Stellaria media (L.) Vill.
  • (fr+en) Référence ITIS : Stellaria media (L.) Vill. (+ version anglaise)
  • (en) Référence NCBI : Stellaria media
  • (en) Référence GRIN : espèce Stellaria media (L.) Vill.
  • Référence Tela Botanica (France métro) : Stellaria media (L.) Vill.
  • Référence Tela Botanica (Antilles) : Stellaria media (L.) Vill.
  • Référence INPN : Stellaria media (L.) Vill., 1789

Bibliographie

  • Baskin, J. M., & Baskin, C. C. (1979) Promotion of germination of Stellaria media seeds by light from a green safe lamp. New Phytologist, 82(2), 381-383.
  • Grundy, A. C., Phelps, K., Reader, R. J., & Burston, S. (2000) Modelling the germination of Stellaria media using the concept of hydrothermal time. New Phytologist, 148(3), 433-444 (résumé).
  • Lutman P.J.W (2002) Estimation of seed production by Stellaria media, Sinapis arvensis and Tripleurospermum inodorum in arable crops. Weed Research, 42(5), 359-369.
  • Newcomb, W., & Fowke, L. C. (1974) Stellaria media embryogenesis: the development and ultrastructure of the suspensor. Canadian Journal of Botany, 52(3), 607-614 (résumé).
  • Pande, A., Shukla, Y. N., & Tripathi, A. K. (1995) Lipid constituents from Stellaria media. Phytochemistry, 39(3), 709-711 (résumé).
  • Pritchard H.N (1964) A cytochemical study of embryo development in Stellaria media. American Journal of Botany, 51(5), 472-479 (résumé).
  • Pritchard, H. N. (1964) A cytochemical study of embryo sac development in Stellaria media. American Journal of Botany, 51(4), 371-378 (résumé).
  • Van der Vegte, F. W. (1978) Population differentiation and germination ecology in Stellaria media (L.) Vill. Oecologia, 37(2), 231-245 (résumé).


  • Portail de la botanique
  • Portail de la protection des cultures

Où?

Famille(10)

WWW info


Continuer la recherche
Dimension Forme Couleur Position
Dimension Forme Couleur Position
0 Se ressemblent (LA):
Chickweed
Vogelmuur
Vogelmiere
Morgeline
Centocchio comune
Capiquí
Morugem
Звездчатка средняя
长毛箐姑草