Amadouvier

Fomes fomentarius
Polyporacées (Polyporaceae)


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Fomes fomentarius, l'amadouvier, aussi polypore allume-feu ou fomes allume-feu, est une espèce de champignons basidiomycètes lignicoles de la famille des Polyporaceae.

Étymologie

Son nom français renvoie à l'amadou, mot d'origine provençale qui signifierait « amoureux », allusion à sa disposition à "« s'enflammer ».

Le binôme latin, quant à lui, répète à qui mieux mieux « qui fomente, qui alimente » le feu, et ignarius = « qui amorce l'ignition, qui bat le briquet ». [Référence introuvable pour l'étymon « combustible à pansements »][incompréhensible].

Description

Le chapeau, de 10 à 40, voire 50 cm de large, et de 10 à 20 cm d'épaisseur, en sabot de cheval, gris pâle, blanchissant, avec une marge crème à brun noisette est en réalité une concrétion de multiples chapeaux empilés les uns sous les autres. Ils sont ainsi gravés de sillons concentriques délimitant des bourrelets de taille croissante en allant vers la base, indiquant chaque nouvelle fructification. Les tubes sont longs, bruns et totalement stratifiés car, ici encore, à chaque poussée de ce champignon pérennant , une nouvelle couche de tubes recouvre la précédente. Les pores sont gris clair à noisette, petits, arrondis, environ 0,2 mm. La sporée est jaunâtre,,.

Il n'y a pas de pied, le champignon pousse en console. La chair est subéreuse, très difficile à couper, de couleur fauve à brun foncé. La croûte est épaisse, très coriace, gris noirâtre et brillante à la coupe. Les exemplaires frais dégagent une odeur de pomme.

Habitat

C'est un redoutable parasite de divers feuillus : hêtre, platane, frêne, bouleau, peuplier, chêne ou marronnier, et autres. Il se fixe sur des arbres faibles ou blessés, produit une pourriture blanche et finit en quelques années par tuer son hôte.

Usage médicinal et artisanal

L'amadouvier n'est pas comestible.

Connu depuis le Ve siècle av. J.-C., il a servi en médecine pour ses vertus cicatrisantes et hémostatiques. Il était cueilli autrefois pour la fabrication de liqueurs amères.

On tire de sa chair spongieuse l'amadou. Ce matériau combustible était utilisé comme substance inflammable dès la Préhistoire, car l'amadou a été identifié dans le sac du chasseur Ötzi, dont le corps naturellement momifié il y a 5000 ans a été découvert au sud du Tyrol. Il sert aussi à absorber l'humidité, notamment pour sécher les mouches utilisées pour la pêche à la mouche, ou bien à fabriquer une sorte de cuir végétal,,.

Selon Buller (1975, p. 47) et Ainsworth (1976, p. 215), la première mention historique de l'amadou date du Ve siècle av. J.-C., dans les écrits du médecin grec Hippocrate qui l'utilisait pour pratiquer des cautérisations. Un morceau d'amadou (provenant très vraisemblablement d'un carpophore de Fomes fomentarius) était enflammé et placé sur la peau, proche d'une blessure à cautériser. Cet usage a survécu jusqu'au XIXe siècle en Laponie, au Japon et au Népal (où cette pratique porte le nom de moxibustion, et la mèche que l'on applique sur la peau s'appelle moxa, nom provenant du japonais mogusa, qui désigne une armoise servant également à préparer des cautères).

Selon Buller, l'amadouvier était connu des Romains et Pline l'appelle Aridus fomes fungorum, tandis que l'amadou était désigné par les vocables Aridus fomes ou fungus aridus.

L'amadou, obtenu en battant la trame du champignon à l'aide d'un maillet afin de l'assouplir, a longtemps servi comme hémostatique non caustique pour arrêter les hémorragies légères. C'est pour cette raison que l'amadou a longtemps été appelé agaric des chirurgiens. Mantoy (1956, p. 619) dit avoir connu une vieille femme qui se souvenait avoir battu l'amadou dans sa jeunesse, pour l'envoyer aux armées lors de la guerre de 1870.

Cordier (1870, p. 86) détaille avec précision la manière dont était préparé l'amadou : « On prend les jeunes individus (de Fomes fomentarius), on les monde de leurs tubes et de leur écorce, après les avoir ramollis en les tenant dans une cave ou dans un lieu frais, s'ils sont secs. On les coupe par tranches ou lames minces, que l'on bat avec un maillet, sur une pierre ou sur un morceau de bois, afin de les distendre : on mouille ces lames de temps à autre, on les bat de nouveau et on les frotte entre les mains jusqu'à ce qu'elles aient acquis un certain degré de mollesse et de douceur »

Ethnomycologie

Curieusement, au Japon, c'est le polypore soufré qui servait d'allume-feu : Laetiporus sulfureus (Bull. : Fr.) Murrill, var. miniatus (Junghuhn) Imaz, nom scientifique japonais : Masu-take, 鱒茸, マスタケ, « champignon truite ».

 Avant de devenir le nom national de l'espèce, c'était l'appellation commune dans la préfecture de Niigata.

  • Aikawa-take, 藍皮茸, アイカワタケ, « champignon de cuir ».
  • Akanbō, 赤ん坊, アカンボウ (Yamagata), « (pt'it rougeaud), bébé ».
  • Fukuchi, フクチ (Yamagata), Fukuji フクジ (Fukushima, Aomori), Hoguchi ホグチ (Akita), sont autant d'altérations patoisantes de l'allume-feu : 火口 (Hokoutchi) [Hokuchi] ホクチ, « amadou ».
  • Hi-goke, 火木毛, ヒゴケ (Gifu, Aichi) , « Champignon à feu ».
  • Hokuchi-kinoko (Iwate), Hokuchi-take (Gifu). 火口木の子, 火口茸, ホクチキノコ, ホクチタケ, « amadouvier ». Ce nom figure dans le Shinyō Kinpu de Tchikan Itchioka (« Atlas illustré des champignons de la région de Shinyō » [partie de Nagano]) de 1799, ainsi que dans la révision de 1861 du Shijifu (« Traité des champignons »), par Kōken (Jakousō) Yoshida.

Jusque vers 1960, des champignons étaient encore utilisés comme allume-feu dans diverses régions de l'archipel. Le plus communément utilisé est le polypore soufré et sa variété, ou plus rarement Tyromyces sambuceus. Par contre, le traditionnel amadouvier d'Europe et de Sibérie, Fomes fomentarius, pourtant pas rare au Japon, n'est pratiquement jamais mentionné comme allume-feu.

Symbolique

Calendrier républicain

  • Dans le calendrier républicain, l'Amadouvier était le nom attribué au 7e jour du mois de pluviôse.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

 : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • B. Roussel et al. (2002), L’Amadouvier, grande et petite histoire d’un champignon. Supplément hors-série des Annales de la Société d’Horticulture et d’Histoire Naturelle de l’Hérault, 48 p. :
  • André Marchand ((tome III/IX)), Champignons du Nord et du Midi, Perpignan, Société mycologique des Pyrénées méditerranéennes Diffusion, Hachette, (ISBN 8-439-93605-2)
  • S. -F. Morand, « Sur un moyen d'arrêter le sang des artères sans le secours de la ligature », Mémoires de l'Académie royale de chirurgie, 1855, n° 1, p. 535-540 (reproduction de l'édition de 1743-1774).
  • Revue d'histoire de la pharmacie Histoire des utilisations thérapeutiques de l'amadouvier [Fomes fomentarius (L. : Fr.) Fr. Bertrand Roussel, Sylvie Rapior, Colette Charlot, Christian-Louis Masson, Paul Boutié

Liens externes

  • Dossier "A la découverte de l'Amadouvier" sur le site futura-sciences.com
  • Sur l'utilisation de l'amadou pour faire du feu : http://cyrilpoe.e-monsite.com/
  • (fr) Référence Catalogue of Life : Fomes fomentarius (L.) Fr. 1849 (consulté le )
  • (en) Référence Index Fungorum : Fomes fomentarius (L.) Fr. 1849 (+ MycoBank) (consulté le )
  • (en) Référence MycoBank : Fomes fomentarius (L.) Fr. (consulté le )
  • (en) Référence NCBI : Fomes fomentarius (consulté le )
  • (en) Référence uBio : Fomes fomentarius (L.) J. J. Kickx 1867 (consulté le )
  • (en) Référence BioLib : Fomes fomentarius (L.) Fr. (consulté le )
  • (fr) Référence Termbank Ca http://www.btb.termiumplus.gc.ca/tpv2alpha/alpha-fra.html?lang=fra&i=1&srchtxt=Fomes+fomentarius&index=alt&codom2nd_wet=1#resultrecs (consulté le 17-04-2019)
  • Usage médicinal des polypores - Daniel Thoen
  • D. Thoen, « Usages et légendes liés aux polypores. Note ethnomycologique n° 1 », Bulletin de la Société mycologique de France, 1982, n° 98 (3), p. 289-318.
  • Histoire des utilisations thérapeutiques de l'amadouvier. Bertrand Roussel, Sylvie Rapior, Colette Charlot, Christian-Louis Masson, Paul Boutié
  • Portail de la mycologie

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