Lépiote élevée

Macrolepiota procera
(Agaricaceae)


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Macrolepiota procera, la lépiote élevée, appelée aussi communément coulemelle, est une espèce de champignons basidiomycètes comestibles de la famille des Agaricacées et du genre Macrolepiota. Une fois son chapeau ouvert, elle ressemble à une ombrelle. Elle est assez commune sur les sols bien drainés. On peut la trouver solitaire, grégaire ou encore en rond de sorcière dans les pâturages et aussi dans les bois. Globalement, elle est très répandue dans les régions tempérées. Elle peut être confondue avec son sosie tropical à lames vertes, la très toxique lépiote de Morgan, mais aussi avec quelques espèces plus petites et toxiques.

Description du sporophore

Le chapeau est ovoïde puis convexe et enfin largement étalé en parasol, de 10 à 30 cm de diamètre, surmonté d'un mamelon, avec une cuticule sèche, gris-roux, couvert d'écailles brunes circulaires (appelées mèches), plus denses vers le centre brun, et qui, en s'écartant les unes des autres, laissent apparaître le fond clair. Les lames sont blanches, serrées, molles. La sporée est blanche.

Le stipe (pied), haut de 15 à 40 cm, est élancé, creux, bulbeux à la base, brun tigré et de plus en plus écaillé en allant vers la base ; il est pourvu d'un anneau double, blanchâtre et coulissant. Le pied est fibreux, ce qui le rend immangeable.

La chair est blanche, molle, avec une odeur et une saveur fruitées agréables.

Espèces proches et confusions possibles

En Amérique du Nord, c'est le grand Chlorophyllum molybdites, pourtant caractérisé par une sporée verte, qui est à l'origine de la majorité des intoxications fongiques car elle provoque des syndromes gastro-intestinaux sévères, vomissements et diarrhées.

En Europe, avec sa haute taille et son port élancé (c'est le plus grand champignon des régions tempérées), la vraie coulemelle (Macrolepiota procera) ne prête guère à confusion en présence d'un grand spécimen car la confusion avec Chlorophyllum molybdites est rare, contrairement à l'Amérique, bien qu'il semble qu'elle devienne plus fréquente. C'est donc surtout pour les plus petits spécimens que la prudence s'impose. C'est le cas notamment face à la mortelle lépiote brune, de même que d'autres champignons également délétères de la même famille (genre Lepiota) parfois vénéneuses, voire mortelles. Par temps sec, la coulemelle peut voir son développement atrophié et ne pas atteindre ses dimensions habituelles et on peut alors plus facilement la confondre avec les petites lépiotes. C'est pourquoi il est conseillé de se méfier des champignons ressemblants de petite taille.

Par ailleurs, Macrolepiota procera est le taxon principal de plusieurs formes ou variétés et il existe aussi des espèces proches, telles que Macrolepiota gracilenta, Macrolepiota excoriata, Macrolepiota konradii, toutes comestibles. On peut aussi le confondre avec Chlorophyllum rhacodes généralement plus petit.

Le stipe de Macrolepiota procera est chiné, comme celui de la Lépiote mamelonnée, alors que la Lépiote déguenillée a un pied totalement lisse, ces deux derniers champignons étant également comestibles.

Le pied des amanites est niché dans une volve alors que celui de la Coulemelle est renflé à la base et n'a pas de volve.

Habitat

Assez commune, la lépiote élevée vient, parfois en grandes troupes, dans les sous-bois dégagés ou les clairières, plutôt sur terrains siliceux. Généralement précoce (juillet à octobre), on la trouve jusqu'à Noël dans les régions méditerranéennes. La lépiote est un organisme saprophyte.

Répartition

On a signalé la lépiote élevée en Australie, en Inde, en Sibérie, en Extrême-Orient, au Japon, en Amérique, en Afrique et en Europe (partout à l'exception des régions arctiques).

Taxonomie

Nom scientifique accepté

  • Macrolepiota procera (Scop.) Singer.

Formes

Source : Index Fungorum

  • Macrolepiota procera f. crassipes Pázmány 1989 (Roumanie)
  • Macrolepiota procera f. fuliginosa (Barla) Vizzini & Contu 2011
  • Macrolepiota procera f. macrolepis Pázmány 1989 (Roumanie)
  • Macrolepiota procera f. macrospora Singer
  • Macrolepiota procera f. multisquamulosa Pázmány 1989 (Roumanie)
  • Macrolepiota procera f. permixta (Barla) Vizzini & Contu 2011
  • Macrolepiota procera f. procera (Scop.) Singer, 1948

Variétés

Source : Index Fungorum

  • Macrolepiota procera var. exigua Pázmány 1989
  • Macrolepiota procera var. fuliginosa (Barla) Bellu et Lanzoni 1987
  • Macrolepiota procera var. konradii (Huijsman ex Orton) Gminder 2003
  • Macrolepiota procera var. mediterranea Bon 1993 (France)
  • Macrolepiota procera var. pallida Pázmány 1989 (Roumanie)
  • Macrolepiota procera var. patentosquamosa Pázmány 1989
  • Macrolepiota procera var. permixta (Barla) Quadr. & Lunghini 1990
  • Macrolepiota procera var. procera (Scop.) Singer 1948
  • Macrolepiota procera var. pseudo-olivascens Bellu et Lanzoni 1987 (Italie)
  • Macrolepiota procera var. vezo Walleyn et Rammeloo 1994

Basionyme, synonymes et binômes obsolètes

  • Agaricus procerus Scop - basionyme
  • Agaricus colubrinus Bull.
  • Lepiota procera (Scop.)
  • Mastocephalus procerus (Scop.)
  • Lepiotophyllum procerum (Scop.)

Noms vernaculaires

La Lépiote élevée tient son nom d'un ancien binôme latin Lepiota elata. Du latin scientifique lepiota, du grec λε ́πιον, « petite écaille, petite croûte ». On parle aussi, de chevalier bagué, de Saint-Michel, de nez de chat, de baguette de tambour (jeune, chapeau pas encore ouvert), de Cocherelle, ou encore de parasol comme chez les anglo-saxons.

Canada

Au Canada, la lépiote élevée est appelée Baguier mais aussi Coulemelle, comme en France. Une partie de la population l'appelle Parasol, sous l'influence de l'appellation anglo-saxonne.

France

En France, la lépiote élevée est le plus souvent appelée Coulemelle, autrefois Couamelle, qui vient de columelle, « petite colonne » ou encore coulemotte. Mais dans certaines régions, comme en Vendée, Coulemelle ne signifie qu'un champignon blanc des pâtures. Elle était autrefois – comme dans l'Herbier de France au XVIIIe siècle – appelée Grisette. On peut trouver à peu près autant de noms aux lépiotes élevées que de dialectes régionaux. Toutefois, elles sont souvent confondues par les récolteurs avec l'agaric des prés et les autres lépiotes : lépiote élevée, grande et petite lépiote, ce qui rend les appellations imprécises.

  • Dans le Berry, la lépiote élevée est appelée quioslet, cocherelle, couamelle, fusée, bouteriau ou cluniau,.
  • Dans le Bourbonnais, la lépiote élevée est appelée cocherelle, elle aura donné son nom aux habitants de Saint-Plaisir nommés : Cocheriaux .
  • Dans l'Indre, la lépiote élevée est appelée boutarot, coucoumelle, coquemelle, golmelle, coulemotte, coulemelle, columelle, tsampignu o lo bago.
  • Dans le Languedoc, la lépiote élevée est appelée badrelle et en occitan cocomèla .
  • En Gascogne, la lépiote élevée est appelée pepiòla, pepiòta et omprèla.
  • Dans le Limousin et le Nord du Périgord, la lépiote élevée est appelée Filleul ou Nouno.
  • En Maine-et-Loire, la lépiote élevée est appelée moutardier, griset, grisotte, éclusette, mort-de-froid, toute-blanche.
  • Dans le Morvan, la lépiote élevée est appelée brilo[réf. souhaitée].
  • En Poitou, la lépiote élevée s'appelle encore Bonhomme, quand son chapeau n'est pas encore ouvert. Ce surnom serait apparu à cause d'une légère différence de goût entre une lépiote ouverte et une fermée : la lépiote fermée étant préférée pour son goût, cela lui permit d'acquérir son propre surnom. Elle se dit aussi Poturelle en Poitou-Charentes. Les variantes sont paturelles, baderelles, et anciennement clouzeaux.

Comestibilité et cuisine

La lépiote élevée est un comestible recherché, il est alors le plus souvent en France présenté en cuisine sous le nom populaire de Coulemelle. Le pied, fibreux et coriace — surtout chez les exemplaires adultes — sera émincé pour une sauce ou une soupe, ou bien éliminé. Le chapeau, découpé ou gardé entier, se prête à de multiples recettes : frit quelques minutes, les chapeaux entiers dans un peu d'huile d'olive ou, mieux, au barbecue, simplement salés et poivrés avant de servir. Il est possible de la consommer crue, mélangée à une salade verte. On peut aussi cuisiner les coulemelles à la crème.

Indicateur environnemental – bioaccumulation

De nombreuses études analysent la teneur en minéraux dans la lépiote élevée comme indicateur de contamination de l'environnement .

Culture et intérêt médical

La culture des lépiotes élevées est envisagée pour leur goût intéressant et leur valeur médicinale. Les caractéristiques des conditions de culture pour la croissance du mycélium de Macrolepiota procera sont déjà développées et démontrent que la croissance du mycélium est favorable à une forte teneur du milieu en azote et une température de 30 °C.

Activité anti-tumorale et antibiotique

Macrolepiota procera est reconnue pour contenir de la glycérine, du mannitol, du glucose, du tréhalose, du lepiotan et environ vingt acides aminés. De plus, Macrolepiota procera démontre une activité anti-tumorale dans le corps humain et présente une activité antibiotique contre les bactéries à Gram négatif. Les sporophores sont largement utilisés pour la fabrication des aliments et des médicaments traditionnels. Lorsque Macrolepiota procera est utilisée à des fins alimentaires, ses sporophores contiennent des protéines, du fer, du zinc, de la chitine, du chitosane, des fibres, des vitamines et des minéraux qui sont connus comme compléments alimentaires et reconnus pour maintenir l'homéostasie physiologique du corps humain. L'acide linolénique se retrouve en quantité importante dans Macrolepiota procera.

Antioxydant

Macrolepiota procera présente également plusieurs antioxydants : de nombreux composés antioxydants extraits de ces champignons ont été identifiés, tels que les composés phénoliques, les tocophérols, l'acide ascorbique, et des caroténoïdes.

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

Ce champignon est décrit dans toutes les flores, notamment :

  • André Marchand, Champignons du Nord et du Midi, t. I/IX, Hachette, (ISBN 84-499-0649-0)
  • Régis Courtecuisse, Bernard Duhem: Guide des champignons de France et d'Europe (Delachaux & Niestlé, 1994-2000).
  • Marcel Bon: Champignons de France et d'Europe occidentale (Flammarion, 2004)
  • Dr Ewaldt Gerhardt: Guide Vigot des champignons (Vigot, 1999) - (ISBN 2-7114-1413-2)
  • Roger Phillips: Les champignons (Solar, 1981) - (ISBN 2-263-00640-0)
  • Thomas Laessoe, Anna Del Conte: L'Encyclopédie des champignons (Bordas, 1996) - (ISBN 2-04-027177-5)
  • Peter Jordan, Steven Wheeler: Larousse saveurs - Les champignons (Larousse, 1996) - (ISBN 2-03-516003-0)
  • G. Becker, Dr L. Giacomoni, J Nicot, S. Pautot, G. Redeuihl, G. Branchu, D. Hartog, A. Herubel, H. Marxmuller, U. Millot et C. Schaeffner: Le guide des champignons (Reader's Digest, 1982) - (ISBN 2-7098-0031-4)
  • Henri Romagnesi: Petit atlas des champignons (Bordas, 1970) - (ISBN 2-04-007940-8)

Articles connexes

  • Lépiote
  • Macrolepiota

Liens externes

  • (fr) Référence Catalogue of Life : Macrolepiota procera (consulté le )
  • (en) Référence Index Fungorum : Macrolepiota procera (Scop.) Singer 1948 (+ MycoBank) (consulté le )
  • (en) Référence MycoBank : Macrolepiota procera (Scop.) Singer (consulté le )
  • (en) Référence NCBI : Macrolepiota procera (consulté le )
  • (en) Référence uBio : Macrolepiota procera (Scop.: Fr.) Sing. (consulté le )
  • Référence INPN : Macrolepiota procera (Scop. : Fr.) Singer
  • Portail de la mycologie

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